samedi 4 octobre 2014

Fouilles à Epinal - Suite

Ce qu'en dit Vosges Matin du 3 octobre



8 commentaires:

charles KRAEMER a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
charles KRAEMER a dit…

Que tous les élus ne soient pas sensibilisés aux problématiques historiques que pose le patrimoine enfoui, on peut encore le comprendre, mais l’on peut trouver surprenant que l’un d’entre eux, adjoint au "patrimoine", professeur émérite d'histoire, responsable lui-même de fouilles archéologiques à Epinal dans les années 1980, et de surcroît membre du CA de la Société d'Emulation, n’ait pas exercé son rôle de conseiller.
De tels travaux affectant le sous-sol nécessitaient, en effet, a minima, une surveillance rigoureuse et minutieuse voire, dans les zones reconnues archéologiquement sensibles, comme la place de l’Âtre, des investigations en amont. Il existe, spécialisés dans ce genre d’opérations préventives, des professionnels, publics comme l’INRAP, ou privés mais agréés par l’Etat, dont l’intervention, prescrite par l’Etat ou ses représentants régionaux - dans la mesure où ils ont connaissance de travaux -, est soumise à redevance, certes à la charge de l’aménageur, ici la ville d’Epinal, en application du code de l'urbanisme ou du code de l'environnement.
Or, sous prétexte que l’installation du chauffage urbain, au demeurant bénéfique à la communauté, devait reprendre le tracé d'anciens réseaux et que des observations archéologiques avaient déjà été faites, en 2003, mais uniquement dans la rue du Chapitre (ASEV, 16, 2005), sans qu’aucune « découverte majeure » n’ait été signalée, on a cru bon de passer outre la législation en vigueur. Nul ne pouvait ignorer cependant - a fortiori le maitre d’œuvre et ses services techniques - qu’en raison du diamètre et du nombre des nouvelles conduites enfouies l’ancien réseau serait significativement élargi et approfondi et que l’installation imposerait le creusement de fosses profondes, d’une surface au sol supérieure à 50 m², susceptible de détruire des niveaux anthropiques, en rapport, avec la formation d’un habitat périphérique à l’abbaye pré-romane du Xe siècle, dont les vestiges restent à découvrir.
Cette opération archéologique qui, au demeurant, peut encore être décidée, par les autorités compétentes pour la place de l’Âtre, est naturellement susceptible d’éclairer et de compléter les données issues des fouilles exemplaires réalisées dans les années 1990, à quelques dizaines de mètres seulement, et tout récemment publiées (mai 2014), sous le titre « L’ilôt du palais de justice d’Epinal (Vosges). Formation et développement d’un espace urbain au Moyen Age et à l’Epoque moderne ». Dans sa préface, Elise Faure-Boucharlat, Inspectrice générale du Patrimoine, insiste, sur le fait que cet « ouvrage consacré à Epinal donne du relief à l’archéologie du réseau des villes françaises d’origine médiévale dont la genèse est en général restituée à partir des seuls documents d’archives, écrits ou figurés. [Il] témoigne que l’histoire et l’archéologie de la ville se construit[sic] dans la durée, par la succession des découvertes et l’accumulation des informations, par la relecture critique des acquis et par l’élaboration de thèses nouvelles appelées à leur tour à être remises en question ».
Que dire de plus, sinon retenir que c’est l’ensemble de la donnée archéologique, qu’elle soit « majeure » ou « mineure », qui contribue à écrire ou réécrire l’histoire et que l’on ne peut, a priori, juger du résultat d’une fouille avant qu’elle ne soit réalisée et ses données étudiées. La littérature archéologique regorge d’exemples qui abondent en ce sens.
Charles Kraemer

Alexandre Laumond a dit…

Yves Henigfeld & Philippe Kuchler, L'îlot du palais de justice d'Épinal (Vosges). Formation et développement d'un espace urbain au Moyen Âge et à l'époque moderne, Documents d'archéologie française, 2014.
Voir sur http://www.fmsh.fr/fr/c/5728

VDP a dit…

Quelqu'un sait-il si une publication a été faite sur la mise au jour de vestiges (plusieurs sarcophages de pierre) faite devant mes yeux à l'occasion de travaux devant le portail des Bourgeois, au moment de ma retraite pour la communion privée, vers le milieu des années 1950...?

charles KRAEMER a dit…

Je viens de reprendre toutes les bibliographie dont je dispose, en particulier celle que B.Houot donne dans son mémoire de maitrise sur la topographie historique d'Epinal, celle de Matthieu Michler, dans la Carte archéologique des Vosges, celle encore de Ph. Kuchler "Esquisse de topographie historique et d'évaluation archéologique", publiée par le MCC, en 1998 et ... je ne vois rien sur ce sujet. Il reste une piste mais qui théoriquement aurait dû être explorée par (CAG) c'est celle du "P'tit Minou". Ce journal des spéléo-archéo dont faisait partie Georges Poull se trouve aux A.D. des Vosges. On y trouve pas mal de renseignements pour la période 1950-1960 et peut-être même un peu plus, mais, pour avoir consulté pas mal de numéros, je ne me souviens pas d'avoir jamais vu une info sur ce(s) sarcophage(s).

Alexandre Laumond a dit…

Trois semaines. Voici bientôt trois semaines que le chantier de pose du chauffage urbain place de l'Âtre est arrêté. Pour quelles raisons ? Est-ce l'intervention de la Société d'émulation qui en est la cause ? Y avait-il donc matière à s'inquiéter ? Y aurait-il donc un réel risque pour le patrimoine archéologique de la ville ? Y aurait-il même un intérêt à procéder à une surveillance archéologique du chantier ? Pour le moment, c'est silence radio mais il semblerait bien que la DRAC Lorraine ait adressé au maire un courrier sous couvert de la préfecture.

GB a dit…

Hoho, le maire rappelle que la société d'émulation est hébergée gracieusement par la mairie. S'agit-il d'une jolie menace de délogement ?

Alexandre Laumond a dit…

20 octobre 2014. A peine repris, ce jour, les travaux de terrassement place de l'Âtre pour la pose des canalisations du chauffage urbain laissent apparaitre de nouveaux vestiges.
De part et d'autre d'une tranchée de +/- 3.10 m de largeur, les parois laissent apparaître :
* Côté nord, à proximité immédiate du chœur de la basilique, une construction en moellons calibrés constituée de 5 pierres superposées, dont la plus haute, en retrait, suggère l'existence d'une structure en profondeur. Chaque pierre est d'une hauteur de 23/25 cm, d'une longueur de +/- 60 cm pour les premières, de +/- 75 cm pour les plus basses. Sur le côté est, ces pierres dessinent un bel alignement vertical. On peut se demander si cette structure ne correspond pas aux fondations de l'ancienne chapelle qui contenait la mise au tombeau.
En bas à droite de la dernière pierre, à +/- 1,70 m de profondeur, on observe un crâne humain dont la voûte a été enfoncée mais dont on distingue parfaitement la mandibule. A droite de cet alignement, à +/- 95 cm, de profondeur, on remarque un second crâne. Des zones éparses d'ossements sont repérables à +-/ 40 cm sous le niveau de la chaussée.
* Côté sud, on trouve un alignement de moellons sur +/- 1,60 m de longueur et à 1,60/1,80 m de profondeur. Des ossement apparaissent également à ce niveau.

Enregistrer un commentaire