vendredi 24 avril 2015

Histoire et archéologie de la mort au Saint-Mont (IVe-XVIIIe siècles)



Conférence par Charles Kraemer, président de la Société d'émulation


Espace funéraire Sainte-Claire

Mercredi 06 mai 2015 à 20h30
Amphithéâtre de la faculté de Droit, rue de la Maix à Épinal | entrée libre
 

Pour Philippe Ariès, la mort, au cours des deux millénaires de l'histoire chrétienne, se définit selon un schéma en quatre temps dans lesquels le sacré se manifeste à des degrés divers. À la mort acceptée, peu socialisée, qui laisse encore la place à la survie d'antiques traditions, succède la mort baroque, encadrée par l'Église, puis la mort repliée, enfin la mort interdite. Le deuxième modèle couvre pour l'essentiel, la période médiévale et l’époque moderne. Fortement empreintes de christianisme, elles connaissent une multiplication à profusion des sanctuaires - églises et établissements monastiques - qui assurent, par l’intermédiaire des cimetières qui les accompagnent, le relais entre la vie sur terre et l'Au-delà.

Le Saint-Mont, près de Remiremont, ne déroge pas à ces pratiques. Castrum antique au sommet d’un relief dominant la vallée de la Moselle, il devient au début du VIIe siècle, le siège d’un important monastère rural dans lequel vécurent durant deux siècles près de 400 religieuses. Délaissé dans le courant du IXe siècle pour un cadre moins hostile, sur les rives de la Moselle, d’où naquit Remiremont, le site sans être totalement abandonné est réinvesti sans interruption du XIe siècle à la Révolution par des chanoines réguliers de l’ordre de Saint-Augustin, puis à partir de 1623 par des pères bénédictins de la congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe.

Cette permanence humaine, laïque d’abord mais surtout religieuse, s’est traduite par une floraison de bâtiments, expression d’un monde qui vit, et l’aménagement d’espaces funéraires qui traduisent l’inévitable cohabitation des vivants et des morts. Les sources écrites y font de rares allusions que des découvertes matérielles par le biais des fouilles archéologiques des dernières décennies du XXe siècle ont mises en relief.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire